Comme des géants : l’incroyable courage des sept nains d’Auschwitz

Soudain, dans la lumière des puissants projecteurs, les gardes les virent descendre du train. Sept petites personnes. Cinq femmes, à peine plus grandes que des fillettes de 5 ans. Et deux garçons tout aussi petits, qu’un détenu vêtu une veste rayée doit porter dans ses bras, l’un après l’autre, pour les aider, eux aussi, à sauter en bas du wagon. Au milieu des déportés effarés, tremblant face aux chiens loups qui tirent sur leurs laisses en aboyant, la gueule écumante, ils se regroupent pour former un cercle. Un officier s’approche d’eux, les détaille un instant puis ordonne à un soldat : « Réveillez le docteur ! »

En officier SS, en promeneur à bicyclette ou à son arrivée dans le camp d’Auschwitz-Birkenau le 24 mai 1943, c’est bien le même homme : le docteur Josef Mengele, surnommé « l’ange de la mort » par les déportés.

Il est environ minuit ce vendredi 19 mai 1944, et sur la rampe du camp d’extermination d’Auschwitz, les SS commencent leur sélection. Tandis que les nains sont priés de rester sur place, les nouveaux arrivants sont partagés en deux longues files après un examen sommaire. D’un côté, tous ceux qui paraissent encore valides prennent la direction des baraquements. Une  seconde cohorte, composée de femmes, d’enfants, de vieillards et des personnes les plus faibles, est dirigée vers les chambres à gaz. En distinguant au loin les cheminées qui crachent une fumée âcre dans le ciel, Perla, 23 ans, la plus jeune du groupe de nains, se tourne vers un des prisonniers squelettiques. « Est-ce une boulangerie ? » demande-t-elle candidement. « Non, lui répond l’autre. Ici, c’est Auschwitz. Et vous allez bientôt tous finir dans ces fours. » Tout à coup, comme Perla le racontera des dizaines d’années plus tard, les fumées qu’elle voit s’échapper des cheminées lui paraissent prendre les formes d’êtres humains, des silhouettes qui flottent dans l’air avant de se dissoudre dans le néant. Puis elle songe au mystérieux individu que l’officier a appelé « docteur » et qu’elle doit attendre avec ses frères et sœurs. Si, comme l’affirme le prisonnier, ils sont condamnés à tous mourir ici, à quoi bon appeler un médecin ?
Le docteur dont il est question ici est de sinistre réputation. Josef Mengele a alors 34 ans. Passionné par la génétique, il a réalisé une thèse à l’université de Bavière sur les facteurs héréditaires responsables de la fente labio-faciale (le bec de lièvre) et de la fossette au menton. Il décroche son doctorat en 1938 accompagné de la mention honorifique cum lauda (avec des louanges). A cette époque, cela fait déjà un moment que Josef Mengele est membre du parti nazi. Il a, en effet, intégré dès 1931 les Stahlhelm, Bund der Frontsoldaten (Casque, Ligue du soldat du front, un corps franc paramilitaire constitué au lendemain de la défaite allemande de 1918). Et il n’a pas quitté le mouvement lorsque ce dernier a été aspiré dans les Sections d’Assaut (SA) du NDPAD, le parti nazi, en 1934. En juin 1940, le jeune chercheur nazi se porte volontaire pour rejoindre un bataillon médical de la Waffen-SS sur le front est. Deux ans et demi plus tard, en janvier 1942, il intègre la 5e Panzerdivision SS Wiking comme officier d’un bataillon médical. A l’été, il est renvoyé à Berlin après avoir été blessé en Ukraine et prend un poste au sein du Rasse- und Siedlungshauptamt (RuSHA, « Bureau pour la race et le peuplement »). Au début de l’année 1943, il demande son transfert dans le département chargé des camps de concentration où il pourrait poursuivre ses recherches génétiques sur des sujets humains. Son vœu est exhaussé lorsqu’il est nommé médecin-chef à Auschwitz-Birkenau, le plus grand centre concentrationnaire du IIIe Reich. Les travaux qu’il y mène, espère-t-il, feront un jour de lui un chercheur de renommée mondiale. Son ambition et sa cruauté sont à ce point démesurées que les autres médecins du camp se tiennent à l’écart de lui. Pour arriver à ses fins, Mengele n’hésite pas à torturer, mutiler et même à tuer des cobayes humains qu’il peut se procurer en quantités illimités.
Malgré tout, pour les sept nains, l’horrible savant va représenter l’espoir. Dès que Mengele arrive et découvre les nains, son visage s’illumine d’un sourire. Son excitation et sa curiosité montent encore d’un cran lorsqu’il apprend qu’ils sont, tous les sept, issus de la même famille. « Maintenant, j’ai du travail pour vingt ans ! » s’exclame-t-il. Puis il ordonne que l’on conduise ses nouveaux cobayes dans un baraquement. La protection de Mengele permet aux nains d’éviter en partie le traitement des autres prisonniers. On ne les oblige pas à se mettre nus, on ne leur rase pas la tête, et ils sont dispensés de porter la tenue rayée des déportés. Mengele leur fait même porter des pots de chambres pour leur éviter les latrines collectives. Comme Shéhérazade racontant des histoires au sultan pour qu’il la garde en vie, les sept nains comprennent qu’ils peuvent mettre à profit la fascination qu’ils exercent sur leur protecteur et que leur survie tient à l’envie qu’à cet homme de connaître le destin de leur famille dans ses moindres détails.

En haut, les sept nains de la famille Ovitz, de gauche à droite, Elizabeth, Rozika, Avraham, Freida, Micki, Franzika et Piroska. A droite, Elizabeth et Petra font un duo. En bas, une représentation de la Troupe Lilliput.

En haut, les sept nains de la famille Ovitz, de gauche à droite, Elizabeth, Rozika, Avraham, Freida, Micki, Franzika et Piroska dite « Perla ». A droite, Elizabeth et Perla font un duo. En bas, une représentation de la Troupe Lilliput.

Les sept nains de la famille Ovitz sont originaires de Rozavlea, un village de Transylvanie, dans le nord de la Roumanie. Leur père, Shimshon Eizik Ovitz, lui-même un nain, s’est marié à deux reprises avec des femmes de tailles normales et a eu sept enfants nains et trois de taille normale. Il gagnait sa vie en tant que badchan, artiste animateur de mariage. A sa mort, en 1923, des suites d’une intoxication alimentaire, sa veuve se retrouve avec dix enfants à nourrir, dont la moitié âgés de moins de 14 ans. L’aîné, Avraham, se substitue au chef de famille. C’est de lui que viendrait l’idée de poursuivre les activités musicales et de divertissement paternelles. La tâche est ardue, et les débuts difficiles car aucun des enfants Ovitz ne connait la musique. Leur apprentissage se fait donc à l’oreille, sur des instruments fabriqués sur mesure et adaptés à leur taille. Chantant dans cinq langues (yiddish, hongrois, roumain, russe et allemand), ils se produisent un peu partout dans l’Europe de l’Est sous le nom  de la « Troupe Lilliput ». Les membres de la famille de taille normale accompagnent ces tournées et s’occupent de l’intendance et du travail en coulisses.
Curieux de découvrir comment des nains peuvent donner naissance à des personnes de taille normale, Mengele fait épargner les deux sœurs Ovitz de taille normale. Leurs belles-sœurs et leurs deux enfants évitent également la chambre à gaz. Malgré la terreur que leur inspire leur protecteur, les nains n’hésitent pas alors à désigner plusieurs de leurs voisins, raflés en même temps qu’eux, comme faisant partie de leur famille. Les liens de sang qu’ils inventent épargnent ainsi à vingt-deux personnes un sort fatal. Mentir ainsi aux SS et à Mengele est la démonstration d’un grand courage. La bravoure, c’est vrai, n’a jamais manqué à la famille Ovitz.
En 1930, lorsque leur mère décède à son tour, ils décident de rester unis. Leur succès ne cesse de croître. Avant la Seconde Guerre mondiale, les spectacles de nains étaient en effet encore très prisés. Environ 1 500 nains travaillaient dans le show-biz en Europe. Les cours royales, toujours friandes de spectacles de nains, étaient aussi une source importante de revenus. La réussite de la Troupe Lilliput est alors telle que la fratrie peut se permettre de s’acheter une voiture. Dans leur village, ils sont les seuls à posséder une automobile.
Lorsque la guerre éclate, en 1939, la Hongrie annexe le nord de la Transylvanie et ses deux millions et demie d’habitants (dont 30% de juifs) pour y imposer des lois racistes. En septembre 1940, les journaux en yiddish sont prohibés, les juifs n’ont plus le droit de tenir des commerces, de se regrouper en association… Quant aux artistes juifs, interdiction leur est faite d’exercer un public non-juif. Peu importe. La famille Ovitz va faire le siège de l’administration pour obtenir qu’on leur délivre des papiers d’identité qui ne les identifient en tant que juifs. Pendant près de quatre ans, la Troupe Lilliput continue de travailler et ira même jouer devant le roi Carol II de Roumanie. Vivant dans la peur permanente d’être démasqués, les Ovitz ont creusé une fosse sous le garage de leur voiture et y ont caché tous leurs objets de valeur. Leurs valises, contenant leurs costumes de scène, leur maquillage et leurs instruments, sont toujours prêtes dans l’éventualité d’une fuite en urgence. Ils n’en auront pas le temps…
Le 14 mai 1944, les nazis effectuent une rafle à Rozavlea. Tous les juifs de la commune – 650 personnes – sont d’abord regroupés dans la synagogue, avant d’être conduits à pieds jusqu’à la gare située à 25 kilomètres. Les nains de la famille Ovitz ne pouvant suivre le rythme de la marche sont hissés sur charrette. Arrivés à destination, ils sont poussés dans des wagons à bestiaux…
A Auschwitz, ils découvrent le « pavillon médical » de Mengele, situé à proximité du crématoire, semblable à n’importe quelle clinique de l’époque, avec du personnel en blouse blanche. C’est là que le médecin SS se livre à ses expériences quotidiennes. Les membres de la famille Ovitz y sont radiographiés sous toutes les coutures, soumis à d’innombrables prises de sang. « La quantité de sang qu’ils nous ont pris était énorme, a témoigné Perla. Et comme nous étions sous nourris, nous nous évanouissions souvent. Mais cela n’arrêtait jamais Mengele. Quand nous retournions dans notre baraquement, nous laissions tomber sur notre bas flanc en sachant que le docteur nous convoquerait à nouveau avant que nous ayons eu le temps de récupérer. »
Que cherche Mengele dans le sang et à travers les séances de rayons X ? Il se pourrait bien qu’il ne le sache pas lui-même. Loin de montrer des efforts pour découvrir le gène du nanisme, la paperasse retrouvée dans le camp après sa libération ne montre qu’une routine de tests sans queue ni tête. Des examens dénoués de sens et douloureux pour les sujets. Par exemple, on leur verse alternativement de l’eau bouillante et de l’eau glacée dans les oreilles. Mengele leur arrache aussi des dents saines et leur épile les cils. Par-dessus tout cela, les Ovitz sont soumis aussi à des questionnaires et des évaluations d’intelligence établis par des psychiatres. Dora, la femme de taille normale d’Avraham, l’ainé des nains, est interrogée par Mengele en personne. Le médecin semble obsédé par sa vie sexuelle avec son mari et s’excite en la bombardant de questions.
Trois mois après leur arrivée à Auschwitz, les Ovitz voient arriver deux autres nains – un bossu et son fils. Les malheureux ne survivent héla pas aux traitements inhumains que leur inflige le savant nazi et décèdent dans les semaines qui suivent. Voulant expédier leurs squelettes au musée de Berlin, Mengele ordonne que l’on fasse bouillir les corps pour séparer les chairs des os. « Aucun de nous n’imaginait que l’on sortirait vivant du camp, a raconté Perla, mais l’idée que nos squelettes seraient exposées à Berlin était pour nous insupportable. C’était horrible au-delà des mots. »

La famille Ovitz au grand complet, toutes tailles confondues.

La famille Ovitz au grand complet, toutes tailles confondues.

Malgré la terreur que leur inspire le médecin démoniaque, les nains de la Troupe Lilliput prennent toujours garde de lui présenter un visage aimable. Ils s’adressent toujours à lui en l’appelant « Votre Excellence », ne manquent jamais d’interpréter ses chansons favorites. De son côté, Mengele est toujours aimable avec ses prisonniers nains. Les félicitant toujours pour leur apparence. « Comme vous êtes belle aujourd’hui », dit-il un jour à Frieda. Elle lui répond en minaudant : « Je savais que notre Herr Hauptsturmführer allait venir alors je me suis préparée en son honneur. » Mengele apporte parfois des présents aux nains, des bonbons, du maquillage, ou encore des jouets – sans doute récupérés au cours d’une sélection sur la rampe – pour le fils de Leah, une des sœurs de taille normale. En état de malnutrition, le petit garçon, âgé de 18 mois, n’a jamais dit un mot, ni même poussé un cri. Un jour pourtant, voyant Mengele, il se met à dire « Papa ! Papa ! » Ce à quoi Mengele lui répond en souriant : « Non, je ne suis pas ton père. Je suis juste Oncle Mengele ! »
Dans Comme des géants, (Ed. Payot, 2007), le livre que les journalistes Yehuda Koren et Eilat Negev ont consacré à la famille Ovitz, Perla témoigne du charisme de Mengele, le charme du diable. « Il était aussi beau qu’une star de cinéma, peut-être encore plus beau, confie-t-elle. N’importe quelle femme aurait pu tomber amoureuse de lui. Et personne l’ayant vu, n’aurait pu imaginer que derrière sa beauté, se cachait un monstre. Mais nous, nous savions qu’il pouvait être brutal et capable de sadisme. Quand il était en colère par exemple, il devenait hystérique et s’agitait dans tous les sens. Pourtant, dans ses moments de mauvaise humeur, il suffisait qu’il pénètre dans notre baraquement pour sa colère retombe immédiatement. »
Un soir, Mengele rend visite aux nains et leur apporte un paquet. Il leur annonce que le lendemain, il les emmènera pour un voyage « spécial », jusqu’à un bel endroit. Il leur demande de s’apprêter car ils devront se produire sur une scène, et devant des gens très importants. Après son départ, les cinq femmes de la troupe découvrent dans le colis un poudrier, du rouge à lèvre brillant, du vernis à ongles, du fard à paupière bleu et vert ainsi qu’une bouteille d’eau de Cologne. Les nains blêmissent car ils s’imaginent alors que Mengele a l’intention de les conduire aux chambres à gaz. Et que les cosmétiques et le parfum ne sont qu’un leurre afin qu’ils le suivent sans rechigner…
Le lendemain, vendredi 1er septembre 1944, à la tombée du jour, les femmes s’aident les unes les autres à enfiler leurs robes et se maquillent comme pour une représentation théâtrale. Un camion vient ensuite chercher l’ensemble de la troupe et la conduit jusqu’à un bâtiment du quartier des SS. Après leur avoir servi un copieux repas, des soldats les mènent jusqu’à une scène, dans une pièce située juste à côté. Les Ovitz découvrent une salle remplies d’officiers SS de haut-rang. Mengele se tient, lui, juste devant l’estrade. Il se tourne brusquement vers eux et leur ordonne : « Déshabillez-vous ! » Terrorisées, les nains obéissent. Tremblantes, les femmes défont les boutons de leurs robes. Une fois nues, les yeux baissés, elles tentent de dissimuler leurs sexes et leurs poitrines avec leurs mains. « Redressez-vous ! Ecartez les bras ! », aboie le docteur.
Mengele venait en effet de donner une conférence et une lecture publique de son travail intitulé «Exemples de travaux anthropologiques et en biologie héréditaire dans le camp de concentration. » Et il n’a fait venir les nains que pour illustrer sa démonstration. S’emparant d’une queue de billard, il désigne telle ou telle partie du corps de ses sujets. Son propos est de démontrer que la soit disant « race juive » dégénère vers le nanisme. Et pour donner un impact à son discours, il jette en pâture les corps nus des pauvres nains. L’exposé terminé, le public applaudit et un essaim d’officiers SS grimpent sur la scène pour mieux observer la troupe dévêtue. Les nains, trop dévastés pour accepter les rafraîchissements qu’on leur propose, regagnent ensuite leur baraquement dans un silence pesant.
Mengele continua à protéger ses « spécimens de recherches ». Ainsi,  peu de temps après cette scène, il sauva Avraham et Micki Ovitz, qu’un autre médecin du camp, jaloux du succès de son rival, avait « sélectionnés » à son insu pour les chambres à gaz. Les Ovitz connurent aussi un moment de répit, quand Mengele prit une semaine de vacances. Pendant sept jours, il n’y eu ni prise de sang, ni examens douloureux ou tests humiliants. Au retour de leur bourreau, Frieda lui demanda, déployant tout le charme dont elle était capable : « Pardonnez-moi votre Excellence, mais quand tout sera terminé, pourrons-nous rentrer chez nous ? » Mengele fronça les sourcils : « Que veux-tu dire, meine Liebe ? Je ne peux moi-même pas rentrer chez moi. Je ne travaille pas ici pour mon plaisir mais pour obéir aux ordres. Alors tu n’as pas à te plaindre de quoi que ce soit ! »
En janvier 1945, enfin, une rumeur d’espoir se répandit dans le camp : l’armée rouge approchait. Mengele rangea tous les rapports médicaux et s’enfuit. Le 27 janvier, les portes d’Auschwitz s’ouvraient enfin. La famille Ovitz n’était pas pour autant libre. Transférés dans un camp soviétique, Perla et les siens ne regagnèrent – à pied ! – leur village que sept mois plus tard. Sur les 650 juifs raflés à Rozavlea, 50 seulement étaient revenus vivants… Leur maison avait été saccagée mais ils retrouvèrent les objets de valeur qu’ils avaient enfouis dans le garage. Ils partirent s’installer à Anvers, en Belgique, où ils reprirent leur carrière d’artistes de music-hall. En 1949, ils refusèrent une proposition de tournée en Russie et un engagement dans un théâtre yiddish de New York, pour finalement rejoindre la Terre Sainte où un Etat juif venait d’être créé.

La famille Ovitz, photographiée dans les années 1950, en Israël. Les deux personnes de taille normale sont Sara, une soeur Ovitz, et Moshe, le mari d'Elizabeth. En dessous, deux clichés plus récents de la Troupe Lilliput, et de Perla, toujours en Israël.

En haut : La famille Ovitz, photographiée dans les années 1950, en Israël. Les deux personnes de taille normale sont Sara, une soeur Ovitz, et Moshe, le mari d’Elizabeth. En dessous, deux clichés plus récents de la Troupe Lilliput, et de Perla, toujours en Israël.

Les Ovitz se produisirent sur les scènes israéliennes tant que leur santé le leur permis, avant de prendre leur retraite à Haïfa. Lorsque Perla raconta l’incroyable histoire des sept nains d’Auschwitz à Yehuda Koren et à Eilat Negev, le reste de sa famille était déjà décédée. Perla, elle, s’est éteinte paisiblement le 9 septembre 2001, à l’âge de 80 ans. Elle a tout de même su que leur bourreau, Josef Mengele, était mort et inhumé au Brésil (Mengele, ayant échappé à toutes les recherches, s’est noyé sur une plage de Sao Paulo. Enterré sous un faux nom, il ne fut identifié qu’en 1985). Perla regrettait-elle que « l’ange de la mort d’Auschwitz » n’ait pas été jugé ? Pas le moins du monde. Perla pensait que le médecin exterminateur ne s’excuserait jamais pour ce qu’il avait fait à sa famille et à toutes les autres victimes. « Si les juges me demandent s’il faut le pendre, je leur dirais non, confia-t-elle. J’ai été sauvée par la volonté du diable. Dieu s’occupera de Mengele comme il le mérite. »

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